Caverne.
Pudeur que j'ai assassiné sans remord. L'angoisse du regard ne me saisit plus. Il fut un temps où la rencontre de paires de lèvres devant ma cathode me consumait.
Aujourd'hui depuis mon siège je savoure la luxure du geste, j'appelle le génie du plaisir en frottant la lampe.
Je me fous d'être blanc noir jaune rouge je suis homme. Je me fous d'être musulman juif chrétien bouddhiste je suis homme. Je me fous d'être chinois japonais sénégalo-français je suis homme. Je me fous de toutes les définitions de l'identité car je suis autre et ma vie est de communiquer.
A force d'écrire, de se chercher dans les mots, de se décrire, d'utiliser les mots que tout le monde utilise, on finit par écrire la même chose...on commence par écrire l'autre...on finit par se confondre, se perdre de vue, ne plus se reconnaitre...on finit
par un suicide littéraire.On meurt. L'écriture nous tue à force de rassembler (et ressembler) le monde entier dans notre plume. Nous n'avons pas la capacité de retenir nous-même, sans contact avec autrui...
J'aime pas les choix qui séparent qui divisent qui ne nous laissent pas le choix.
Choisir c'est sacrifier. Choisir c'est trancher dans l'entier pour en prendre une partie.Choisir est une contrainte temporelle et spatiale.
IbU.

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