Fait quotidien

Il était mort. Il était mort d'une plaisanterie. Pourtant ce n'était qu'un jeu, ce n'était qu'un enfant qui avait fait une bêtise...une bêtise qui l'avait conduit à la mort.

Il en avait eu l'idée en regardant son pater. Il le voyait tous les jours entrer dans cette pièce, se déchausser avant d'y entrer, et changer d'attitude la porte passée.
Il se demandait , lui, l'enfant, pourquoi ce rituel avait lieu et comme la curiosité détruit les mystères, il voulait désacraliser c'est à dire accéder au quotidien de cette pièce.

Son père était un homme d'un caractère bourru et avait l'œil vif. Il remarquait tout, surtout ce qui n'allait pas. D'un mouvement de l'occiput, il savait vous mettre mal à l'aise et retracer votre journée pécheresse.
Ainsi la présence paternelle devenait source d'inquiétude et tous les prétextes devenaient bon pour la fuir.

Mais ce qu'il ne parvenait pas à comprendre c'était le changement radical qu'imposait cette pièce, on sentait que  l'homme devenait caramel, d'une tendre douceur. Il voulait savoir, il brulait d'impatience et malgré tout attendait le bon moment.

Et voilà que le moment s'était présenté comme un cadeau empoisonné... maintenant les regrets étaient déjà trop tard, puisque il gisait dans l'éternité.

Son père, lui, n'avait plus que des regrets provoqués par un geste inconsidéré, incontrôlé. Il n'avait été pendant un moment que feu et flamme ; il avait succombé à sa folie et désormais, le cœur meurtrit par son acte épouvantable, il revivait la scène indéfiniment.

Il était revenu d'un séjour au pays natal, un appétissant séjour, celui où les soucis sont avalés par le repos, le soin que la famille porte à "l'oncle qui vient de France" et la vue d'une misère qui rassérène puisqu'elle ne nous touche pas.
Il venait d'arriver quand il sentit que quelque chose n'allait pas. Il déposa ses bagages et sublima la distance qui le séparait de son "antre", sa salle de méditation...et là ...

Son fils, le désobéissant, l'incapable, avait commis un sacrilège, il avait brûlé ses livres, son trésor, son espace de tranquillité. En effet, cette fameuse pièce contenait des livres, c'était une bibliothèque.

Il était partit en vacances. Son père était enfin partit. Départ et paix devenaient synonymes. Au revoir père, faites un bon voyage! Moi je vais en profiter pour vous découvrir, connaître vos secrets...
La porte de la salle était fermée à clé. Mais qu'est qu'une serrure face à la volonté d'un enfant... Une porte cassée. Lorsqu'on est enfant on pense au présent, on ne pense pas aux conséquences.
Ne parvenant pas à trouver la clé, elle devait être à l'étranger, il prit la résolution d'enfoncer la porte et ce qu'il découvrit...tout cela pour ça, que pour ça.
Ce n'était pas possible, ce n'était que des livres, des tas de mots griffonnés sur du papier et recouvert de plastique. Il devait bien y avoir autre chose, il y avait surement quelque chose dans un de ces bouquins. Il se mis à les feuilleter un par un, jour après jour puis se mit en colère...

Il vit du feu, un livre qui brûle puis un autre quand il fut pris de panique. Il venait juste de réaliser ce qu'il avait fait et le feu grandissait trop vite à son goût.
Il courut dans la chambre et pris une couverture qu'il lança sur le feu et le feu lécha la couverture puis dévora la pièce. Heureusement qu'un fort vent entra par la fenêtre  ouverte et balaya la pièce . Miracle!
Après, tout alla trop vite, il se retourna et vit son père. Il tenta de s'échapper par la fenêtre et son père courut, et son père le pousse..et il tombe.




IbU.




Article ajouté le 2009-03-29 , consulté 2 fois

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